Policier, adjectif – Corneliu Porumboiu

juin 12, 2010 at 7:00 (Cinéma) (, , , , , )

Certes, il faut en passer par quelques plans-séquences, parfois ennuyeux, dont raffole le cinéma roumain du moment, mais le final en vaut vraiment la peine. Dans Policier, adjectif, Cristi prend en filature un jeune lycéen qui revend de l’herbe à ses copains. Alors qu’il devrait l’arrêter comme le dit la loi, Cristi préfère poursuivre son enquête (pour trouver le fournisseur) afin de ne pas gâcher la vie de l’adolescent.

Pendant 1h30 (sur les 2h), Corneliu Porumboiu file donc ce lycéen et Cristi qui l’observe, l’attend, caché derrière son pilier électrique, dans la grisaille de la ville. Et le cinéaste s’applique soigneusement (mais sans surprise) à nous faire ressentir cette attente. A côté de ça, lors des retours aux commissariats de Cristi, il montre aussi les difficultés administratives qui ne sont pas sans rappeler celles rencontrées par l’héroïne de 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Des passages qui sont très réussis grâce à leur drôlerie et à des personnages bien écrits. Surtout, ces scènes apparaissent comme des respirations qui empêchent le long métrage de sombrer dans la dépression.

A deux reprises, la caméra s’arrête sur les rapports du policier qu’elle filme en gros plan, moins pour résumer l’état de l’enquête que d’amorcer un discours sur la langue, sur la communication. Plus loin dans le film, la femme du policier lui fera une remarque sur une faute d’orthographe que ce dernier a réalisé dans son dossier. Lors de la pénultième scène, grandiose, Cristi est sermonné pour un cas de conscience. Son Commandant, à l’aide d’un dictionnaire, va recourir à un drôle d’exercice (au propre comme au figuré) visant à démonter ce cas de conscience.

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The Crazies – Breck Eisner

juin 10, 2010 at 7:00 (Cinéma) (, , , , , , )

Remake du film de Romero (dont il est le producteur exécutif ici), il faut accepter de The Crazies qu’il ne révolutionne pas le genre. Normal puisque c’est un remake. D’où cette sensation de déjà-vu. Le film suit ainsi à la lettre son cahier des charges en traversant tous les passages attendus du genre (scènes d’exposition où l’on découvre les premiers contaminés pour ensuite s’arrêter sur un couple lors d’une seconde partie en forme de survival).

Mais si The Crazies ne révolutionne pas le genre, il le dynamise via une réalisation très réussie. Du coup, bien que le scénario soit sans surprise (ce n’est de toute façon pas le point fort du film), la caméra de Breck Eisner stimule les sens. Elle se montre tout aussi habile à faire monter la tension qu’à offrir des plans d’une grande beauté (l’un des plans finaux ou celui, magnifique, de la femme face à la moissonneuse batteuse). Dès lors, des scènes vues et revues parviennent malgré tout à enthousiasmer le spectateur (la première apparition d’un infecté sur le terrain de base-ball, le très beau passage dans le lave-auto, etc.).

Finalement, l’intérêt de The Crazies réside non pas dans les différences que l’on pourra noter entre l’original et icelui mais bien dans la question de l’héritage du cinéma de Romero. Et ce que propose Breck Eisner montre qu’il a bien compris que ce que l’on retenait du cinéaste de Zombies, la force de l’image plutôt que son discours politique.

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L’Elite de Brooklyn – Antoine Fuqua

juin 4, 2010 at 7:00 (Cinéma) (, , , , , )

Je suis déçu. Non pas que j’en attendais forcément beaucoup mais Antoine Fuqua a montré qu’il pouvait faire mieux. Dans Training Day, il y avait quelque chose d’un peu plus modeste. Le film se concentrait sur deux personnages et se déroulait, presque en temps réel, sur une seule journée. Ici, Fuqua nous la joue façon choral avec des personnages qui se croisent (plus ou moins). Heureusement, il évite de peu l’Inarritu’s touch, sauf sur la scène finale. Et puis, il y en a un peu marre de cette réalisation de type Gangsta Rap.

Non seulement, on a déjà l’impression d’avoir déjà vu ce film cent fois (le film souffre d’ailleurs de la comparaison avec La Nuit nous appartient auquel on pense parfois) mais, en plus, Fuqua appuie son sujet pour bien montrer la noirceur de celui-ci. Dès l’écran titre,en fait, caractères rouges sang sur fond noir. Puis, premier plan. La caméra survole un cimetière, comme pour mieux signifier que tout ceci va forcément mal finir. Seule la présence de Richard Gere sauve légèrement le film, de par son jeu d’acteur et son personnage. Que ce soit sa relation avec la prostituée ou bien l’ultime scène qui offre enfin quelques sensations. C’est peu mais ça donne envie de revoir Richard Gere dans un bon film…

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