Little New York, de James De Monaco

D'Onofrio en chef de mafia dépassé
C’est encore moins bien que le dernier Sydney Lumet (Before the Devil Knows You Are Dead), c’est dire. Pire, ça le prend même comme modèle (entre autres citations dont The Sopranos) avec une intrigue composée de trois histoires qui finissent par se rejoindre. On retrouve même Ethan Hawke dans un rôle pas si éloigné.
Little New York se révèle trop démonstratif. On voit le chef du gang s’entraînait à l’apnée, cherchant à battre le record du monde. Immédiatement, on se doute qu’il va finir d’une façon ou une autre au fond de l’eau et que ça va lui servir, puisque cette scène en soi, est proprement inutile. Paf, c’est ce qui arrive une ou deux séquences plus loin, alors que le spectateur n’a même pas encore oublié cet indice grossier. Tout est plus ou moins du même acabit par la suite. Il n’y a pas de place pour la réflexion, tout est surligné. Même la réalisation suit le mouvement en ne respectant aucune grammaire (et vas-y que j’étouffe le son comme ça m’arrange parce que le personnage est sourd, et vas-y que je te colle des ralentis parce que c’est plus stylisé…).
Résultat, je me suis beaucoup ennuyé. J’ai eu le sentiment que la salle aussi. D’ailleurs, un spectateur s’est mis à ronfler très fort lors d’un passage calme. Ça a beaucoup fait rire certains, dont moi. C’était finalement un bon résumé…
L’attaque du métro 123, de Tony Scott

Denzel Washington s'improvise négociateur
C’est dommage parce que je ne suis pas loin de trouver des qualités à Tony Scott. Mais avec L’attaque du métro 123, il tourne à vide. Au jeu du champ/contre-champ -puisque le film tient avant tout d’une confrontation à distance entre un ancien golden-boy devenu catho intégriste et un aiguilleur de métro- Scott se répète rapidement. Incapable de tenir sa caméra, on a le droit au travelling sur Denzel dès que ce dernier refait son apparition à l’écran. Et encore. Et encore. Là où le film aurait sans doute mérité de se poser, Tony Scott applique la même recette que dans ses précédents films (ça fonctionnait plus ou moins sur Domino, pas là).
L’attaque du métro 123 donne également l’impression de n’être qu’un film de montage (le son qui se fait entendre dès que les rayons du soleil atteignent l’objectif de la caméra). Avec ce long-métrage, on retourne dans les années 80, si l’on excepte le discours politique contemporain en arrière plan, sans que jamais Scott ne daigne jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur…
G.I. Joe – Le réveil du Cobra, de Stephen Sommers

Channing Tatum, la révélation de Fighting
Et je m’attendais franchement à pire. Je l’ai déjà quasiment oublié, bien sûr, mais c’est intéressant si l’on veut un peu prendre le pouls du cinéma d’action hollywoodien. Là où Terminator 4 tentait de reprendre une esthétique passée, G.I. Joe se veut un film de son époque. Comprendre que ça explose à tout va, que les effets spéciaux inondent l’écran et que la mise en scène essaie péniblement de suivre tout ça (elle n’y parvient jamais).
Ce qui le sauve, c’est son énergie, cette façon dont Stephen Sommers joue avec ses personnages, véritablement réduits aux jouets articulés d’Hasbro. Il les balance contre un tramway étrangement placé en plein cœur de Paris, il les fait chuter de plusieurs mètres, rebondir sur des toits… Nulle réflexion sur le corps ici (comme des personnages de jeu vidéo, ils sont lavés de leurs blessures la scène suivante), juste un plaisir de gosse qui consiste à balancer sa marionnette à travers un décor fictif, à nous refaire le coup de Dark Vador, à nous placer des flashbacks kitchissimes narrant une rivalité vieille de trente ans.
Et le pire, c’est que ça fonctionne. Un temps. Le temps d’une séance puisqu’on ne s’y ennuie finalement pas trop. C’est peu, mais c’est sans doute ce que Stephen Sommers peut faire de mieux.